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Quant à la beuh, la Marie-Jeanne, la weed, le cannabis, la gandja, le pétard, le hasch, le chanvre (indien ou berrichon), le spliff, le joint, le bédot, qu’on ne compte pas sur moi pour en faire la promotion dans ces lignes, qu’on ne compte donc pas sur moi pour en fumer. Parce que je n’écoute que peu de musiques jamaïcaines. Et parce que c’est interdit. Si j’ai renoncé à la lucrative carrière de dealer qui s’offrait à moi à l’adolescence, ce n’est pas pour entrer dans l’illégalité un quart de siècle plus tard : je ne suis pas de ceux qui regardent le passé avec l’envie de refaire le chemin à l’envers et pourtant je paierais cher pour revivre un seul instant.
En effet, en troisième, j’étais celui de ma classe qui habitait le plus proche du collège. Il n’y avait guère que l’église et un pâté de maison qui me séparaient de l’ennui des salles de classe. Mes camarades qui fumaient des substances illicites le faisaient justement à l’arrière de l’église, assis sur les marches qui mènent à la porte de la sacristie. Et quand ils étaient à cours de quoi remplir leur OCB (Oxy Carton Blindé), c’est chez moi qu’ils venaient se fournir. Les sachets de (mauvais) thé (Lipton) que personne ne faisait infuser à la maison les faisaient planer mieux que toute drogue achetée au pied des tours de la Cité de l’Ill. Mais j’ai toujours refusé d’être dédommagé financièrement, mon bon coeur me perdra.
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