jeudi 7 novembre 2019

01-22

Dans nos cahiers de poésie
Quatre pages
Sans photographie
Pour
La Postérité du Soleil

Hommage et Dette

mercredi 6 novembre 2019

Scham

Carnet de croquis

Oui, il y a du Cri de Munch.
Oui, il y a de la période bleue de Picasso comme dans Cruci-Fiction (mon bleu personnel est le Ton Bleu de Céruléum 323 de la marque Sennelier).
Oui, il y a (ou, du moins, j'ai essayé qu'il y en ait) du Alien...
Oui, de nouveau, le résultat est très simple - mais cette fois, c'est totalement voulu.

Scham
(20 x 50 cm)

mardi 5 novembre 2019

Amours

La littérature, la peinture, l'écriture, le cinéma, le football, la musique, les mathématiques, les livres, les disques, les musées, le snooker, les échecs, l'histoire, le tennis, le scrabble, la poésie... tant de choses que j'aime et qui m'intéressent... mais... un doute... est-ce que j'aime vraiment tout ceci ? est ce que tout ceci m'intéresse vraiment ? ou est ce que j'aime me dire que j'aime tout ça et que tout ça m'intéresse ? ne serait-ce pas une image de moi aimant tout ceci et intéressé par tout ceci que j'aime avant tout ?

lundi 4 novembre 2019

Vocation

J'ai refusé de suivre l'exemple de mes parents et de travailler à la Poste.
Hors de question pour moi de vivre d'expédients.

dimanche 3 novembre 2019

En Retard (2)

J'ai à traverser tout Paris. Le détour par l'armoire et la penderie est obligatoire si je ne veux exposer ma (certes fort modeste) virilité aux passants qui n'en demandent certainement pas tant et risquer, pour exhibitionnisme, un passage par la case Prison (sans passer par la case Départ, sans toucher 20000 francs - l'enfantillage de cette parenthèse me ralentit... il faut que je me concentre davantage pour garder un rythme trépidant) qui, assurément, me retarderait plus encore. Je ne flâne cependant pas au milieu de mes étagères couvertes de la pointe en matière de mode. Au hasard, comme ils me tombent sous la main, sans les choisir, sans me soucier des couleurs, des motifs et de leurs harmonieux et mutuels accords - la réputation d'élégance dandy et de chic trendy que j'avais mis des années à me bâtir va en prendre un sacré coup... tant pis, il y a urgence : il faudra composer avec mon allure auguste pour la suite de ce roman (oui, j'ai de l'ambition pour ce texte) - j'enfile une chaussette, une deuxième, un pantalon et une chemise dont les courtes manches m'incitent à penser qu'il s'agit d'une chemisette.
Je n'ai pourtant, je suis formel, jamais (oh, non, jamais !) acheté de chemisette... pourquoi aurais-je acheté une chemisette... pourquoi aurais-je dépensé de l'argent pour une chemisette... moi qui ai les chemisettes en horreur... moi qui trouve les chemisettes laides et moches et ringardes (plus encore lorsqu'elles sont portées avec une cravate) et même, si je puis dire, un peu absurdes (d'une chemise, il suffit de retrousser les manches si besoin est, alors que d'une chemisette, on ne peut allonger les manches lorsque c'est nécessaire)... à moins que je n'ai acheté cette chemisette par erreur... ça arrive les erreurs... même à moi, il m'arrive de faire des erreurs...

Quitte à anticiper quelque peu sur le récit et afin de ne pas, plus tard, freiner l'élan de celui-ci par une digression inutile, je m'apercevrai plus loin dans le texte que de chemisette il n'est pas question mais qu'il s'agit d'un simple polo. Comment j'ai pu confondre - même dans la précipitation - une chemisette et un polo, en revanche, ne sera pas expliqué...

samedi 2 novembre 2019

En Retard (1)

En retard.
Comme le lapin blanc d'Alice et Lewis, je suis en retard, très en retard.

Le bain brûlant que je m'étais fait couler refroidira sans me réchauffer. L'abondante mousse formée à la surface de l'eau ne cachera pas ma marinante nudité et, abandonnée, retombera lentement en un bouillon glauque vaguement savonneux. Le bateau en plastique qui devait m'aider à combattre l'ennui d'une heure passée à regarder ma peau friper restera à quai, sur le bord blanc de la baignoire.
La douche également ce sera pour une autre fois. Je n'ai pas le temps. Vraiment pas. Pas même pour un rapide coup de gant de toilette à peine humide sous les aisselles et sur les parties -  une toilette de chat comme disait l'autre. Je renonce même au parfum et au déodorant, ils ne feront de toute façon pas illusion bien longtemps lors de ma course folle à travers la ville. Je fais - pour résumer (si le besoin se fait déjà sentir à ce stade du récit mené tambour battant) et ne se semer aucun lecteur - l'impasse complète sur le soin et l'hygiène afin de gagner (ou plutôt ne pas perdre) quelques précieuses minutes : il faudra, pour la suite de cette histoire, s'accommoder des odeurs de sueur, d'urine et de pollution nocturne.

vendredi 1 novembre 2019

Sepia

J'ai (trop) peu travaillé à Venise. Aucun dessin dans mon Carnet de Voyage - pas pris le temps. Quelques clichés (Venise n'en manque pas, de clichés... ils sont heureusement tous vrais) pour un compte Instagram que j'ai ouvert à l'occasion (vous y trouverez peut-être quelques explications). Deux trois idées assez pauvres de jeux de mot ou de plaisanteries qui n'ont fait que remplir de leur nullité les billets de début de semaine de ce blog.

J'avais emmené le cahier qui contient le manuscrit de mon projet actuel En Retard, je n'y ai presque pas touché.

Mon dernier repas sur place, dans un restaurant quelque part entre la Place Saint Marc (prononcer le c final pour ne pas vous faire reprendre par Natacha ou lui donner, s'il vous plait, une explication convaincante pourquoi on devrait dire saint marre) et la Gallerie dell'Accademia, avait goût d'encre qui seiche.