samedi 27 février 2021

Bio

Trop occupé à écrire mon autobiographie, j’ai négligé un art qui pourtant touche un plus large public que la littérature : le cinéma. Je vais donc commencer à tourner mon autobiopic.


On m’y verra essentiellement assis à mon bureau, penché sur un cahier ou sur le clavier d’un ordinateur ou d’une machine à écrire, en train de rédiger mon autobiographie. Autobiographie dans laquelle je raconte les doutes, les joies, les peines, les réussites, les échecs liés à l’écriture de mon autobiographie.


Petit problème lié à mon autobiopic : j’ai déjà près de 40 ans de retard. Il faudrait que je trouve un bébé qui me ressemble, bébé, et qui devra consacrer les 40 premières années de son existence à rejouer les 40 premières années de ma propre existence. Il fera ensuite ce qu’il veut. Raconter cette expérience extraordinaire, ce tournage hors norme, dans une autobiographie, par exemple.

vendredi 26 février 2021

Études bibliques (après une balade en ville)

Dieu fit l’homme à son image.

On peut en déduire premièrement que Dieu est (était ? - peut-être a-t-il bien vieilli) laid.
On pourra aussi en déduire - alors que ce n’est pas écrit dans la Genèse - qu’il avait aussi inventé le miroir avant de créer l’homme. À moins qu’il n’ait vu son reflet à la surface de l’eau après avoir séparé les eaux célestes des eaux terrestres... il suffisait alors de les mélanger de nouveau.
On pourra surtout en conclure que l’homme aurait été beaucoup plus beau si un autre parmi les dieux anciens s’était imposé comme dieu unique : Bastet ou Sekhmet par exemple.

jeudi 25 février 2021

D’Erdeven à Plouharnel (5)

Inlassablement le vent
Trace, retrace,
Minutieusement,
Les lignes courbes, souples
De son jardin zen

Dont la beauté
Pourtant réside
Dans les adventices

Oyat






mercredi 24 février 2021

A New Perspective

Après avoir failli (et avoir effectivement en partie) massacrer Les Fleurs Bleues (dont je réfléchis toujours au titre final), j’ai enchaîné jeudi avec une autre... faillite.
Mon objectif en commençant A New Perspective était de casser, comme le titre l’indique, la perspective, en multipliant, en fonction des éléments représentés, les points de vue (de haut, de côté, de derrière) sur une même toile. Je me suis aperçu bien vite que ça ne donnait pas ce que j’espérais (le second croquis rend mieux compte de l’idée de départ) alors je me suis hâté de finir de recouvrir la toile, sans chercher à réussir quelque chose de bien... juste pour pouvoir passer à autre chose.
Pour le titre, j’ai gardé l’idée de A New Perspective même si j’ai un peu honte de donner à cette huile pas terrible le titre d’un si bel album.

A New Perspective (40 x 50 cm)

Perspective Rameau - Carnet de Croquis

Perspective Rameau (2) - Carnet de Croquis



mardi 23 février 2021

Guili-Guili

Avec l’interdiction de se serrer la main, le poil qui se prélasse dans la mienne ne vient plus leur chatouiller la paume.

Avec l’interdiction de la bise, ma moustache ne vient plus leur chatouiller la joue.

Avec l’obligation du port du masque - qui est une sorte de bâillon - ma langue de vipère ne vient plus leur chatouiller les oreilles.

Et pourtant, ils continuent de rire systématiquement en ma présence.

Il faut donc bien l’admettre, ce n’est pas qu’ils sont chatouilleux...
...mais bien qu’ils se foutaient (et se foutent) de ma gueule.

lundi 22 février 2021

Littérature Comparée

J’ai commencé, comme tout le monde, il y a fort longtemps, par des anthologies, empruntées à la bibliothèque puis achetées à bas prix chez Maxi-Livres ou chez une enseigne concurrente. Ai ensuite investi dans celle de Pompidou, en Pléiade. Et poursuivi par des Œuvres Complètes. Puis des recueils non compilés. En Pléiade. En poche. En volumes brochés. Des plus prestigieux d’abord. Des plus célèbres et célébrés. Puis de plus confidentiels mais tout aussi méritants. De grands anciens. Des révolutionnaires. Des modernes. Des vivants qui produisent encore des recueils que personne ne lit.
Verlaine. Baudelaire. Rimbaud. Mallarmé. Ronsard. Lamartine. Lautréamont. Villon. Labbé. Prévert. Guillevic. Desnos. Éluard. Cendrars. Jacottet. Bonnefoy. Michaux. Bertrand. Ponge. Apollinaire. Perse. Senghor. Alferi. Doucey. Benameur. Mabanckou... (j’en oublie tant... et une liste, aussi longue soit-elle, ne sera de toute façon jamais exhaustive...)
J’ai étudié les figures de style. Décortiqué les images. Observé la versification, déconstruit la prose.
J’ai appris par coeur des ballades, des sonnets, des rondeaux, des lais, des vers libres, des haïkus, redessiné de mémoire nombre de calligrammes...
J’ai assisté à nombre de lectures. De conférences. Rencontré les auteurs, tapis dans les coins sombres - loin des estrades inondées de lumières réservées aux stars, aux gros vendeurs de papier - des salons du livre. Échangé avec eux. Sur leur art. Leurs objectifs. Leurs textes. Leurs projets.

C’est donc en connaisseur, presque en expert, de la poésie francophone que je peux l’affirmer : pour se détendre, près de la cheminée, une soirée d’hiver, ou sur la plage, une après-midi d’été, ça ne vaudra jamais un bon roman noir.