mardi 30 avril 2019

La Roulette Russe (8)

Les matches de Roulette Russe par équipes sont toujours très serrés : on l'emporte souvent d'une courte tête.


Il n'est pas rare, en Roulette Russe, que les compétitions par équipes se transforment, au fil des tours et par la force des choses, en compétitions individuelles.


Ne pas avoir prévu de remplaçants lors d'une compétition de Roulette Russe par équipes, c'est se tirer une balle dans le pied.

lundi 29 avril 2019

Bandeaux

Je déteste ces bandeaux qui ceinturent les livres dans les librairies. Quand les vendeurs ont le dos tourné, les bandeaux rouges qui étranglent les livres, je les arrache, je les chiffonne, je les déchire et je les fais disparaître sous une étagère ou sous une pile de mes propres ouvrages (là où personne n'ira les chercher).


Sur les couvertures immaculées des nouveaux romans et récits, ils sont une vilaine tâche de couleur, incongrue, dérangeante... rien d'autre qu'une salissure. On ne voit plus qu'eux, l'œil ne peut plus s'en défaire. Et ce rouge, couleur énervante, excitante, enivrante... Souffrance du lecteur à la recherche d'apaisement...
Quant au message colporté par ces bandeaux... Le nouveau roman de XXX... Le nouveau chef-d'œuvre de YYY... Le nom de l'auteur n'est-il pas déjà indiqué sur la couverture ? Quel besoin de l'écrire en plus gros ? Rappeler l'énorme ego du littératureur qui ose imposer une fois de plus ses écrits vains ? Est-ce destiné aux grands lecteurs dont la vue, à force de lecture, s'est affaiblie ? Qu'ils passent aux volumes en gros caractères ou à l'audiobook (non aux anglicismes)...
Ou alors, pire : Prix FEMINA, Prix GONCOURT, Prix de FLORE... des prix, il y en a pour tout le monde dirait-on (sauf pour moi, cela va de soi)... mais l'amateur de prix littéraires (il y en a) qui n'aurait pas su retenir le nom des primés mérite-t-il vraiment d'accéder à ces bouquins destinés à l'oubli ?

Certains bandeaux affichent un mauvais goût plus prononcé encore : ceux  avec une photographie de l'auteur. D'une, la plupart des écrivains sont d'un physique assez ingrat (je suis obligé d'ajouter "moi, y compris" sous peine de passer pour un vantard). De deux, ils affectent sur ce genre de photographies des poses proprement ridicules. Et enfin, de trois, n'aurait-il pas été plus logique de profiter de l'espace fourni par le bandeau pour faire un peu plus de littérature encore ? pour plutôt donner une description physique de l'auteur en quatre ou cinq phrases bien tournées que de choisir la facilité photographique ?

samedi 27 avril 2019

Fin du Monde

La nouvelle saison de Game of Thrones n'a toujours pas commencé... Au bout de deux épisodes, nous n'en sommes qu'à l'ennui des résumés étirés sur trois quarts d'heure et aux préparatifs des batailles finales.
Pourtant ces presque deux heures de pas-grand-chose arrivent à alimenter les conversations. Hier, chez le kiné, discussion entre les kinés et les patients, à propos du "si triste" (?!) deuxième épisode où tous les personnages attendent la mort pour le lendemain... Et la discussion dévia... Que ferait-on si la mort était pour demain, sûre, certaine, inéluctable pour le jour d'après ?
Plusieurs attitudes évoquées : passer ses derniers moments avec sa famille (pour se préparer à l'enfer ?), faire la fête (vraiment ?), s'autoriser une folie, quelque chose qu'on n'a jamais osé jusqu'alors...

Pour ma part, si ma mort était garantie pour le lendemain, si rien n'était envisageable pour l'empêcher... eh bien, je ne me résignerais pas. Hors de question de laisser décider un prétendu destin, une soi-disant fatalité... suicide immédiat... ah ! ah ! alors, la mort, qui c'est le plus fort, qui c'est le plus malin, qui c'est qui décide ?
Mieux encore, je m'accorderais une partie no-limit de Roulette Russe... enfin débarrassé de la peur de perdre !


Rendons à Natacha ce qui est à Natacha,
sa contribution sur ce billet fut essentielle

jeudi 25 avril 2019

01-15

Tous les jours nous buvons
Une gorgée
D'eau de vie

Nous espérons être bientôt
Immunisés
Contre l'existence

Mithridatisation

lundi 22 avril 2019

Sieste

C'est fini. Aujourd'hui, j'ai fait ma dernière sieste. Je n'en ferai plus jamais.
J'ai passé l'âge de m'imposer deux fois dans la même journée la douloureuse épreuve du lever.

samedi 20 avril 2019

01-12







Nos poèmes se nourrissent de pain et d'eau
Notre musique ne brise aucun silence
Nous peignons à même le sujet

Murmures





Photo : David Ferrer

mercredi 17 avril 2019

Expériences CD


Expérience CD#1
(19 x 11 cm)

Expérience CD#2
(14 x 14 cm)

Expérience CD#3
(12 x 10 cm)

mardi 16 avril 2019

Notre-Dame

À la télévision hier soir - comme tant d'autres - j'ai assisté à un des événements les plus tristes qu'il m'a été donné de voir... et encore... je n'ai pas pu regarder les images...
Je n'ai pas de mots, à part quelques clichés... alors je me tais...
Je n'ai simplement pas envie aujourd'hui de m'acharner avec La Montre ou quoi que ce soit d'autre sur ce blog... Silence.

lundi 15 avril 2019

La Roulette Russe (7)

Finale européenne des Interclubs de Roulette Russe : Paris - Londres.
"Messieurs les Anglais, tirez les premiers !"



L'extrême oriental, à juste titre soucieux de sa dignité (nous autres occidentaux ferions bien d'en prendre de la graine) trouvera très pratique de s'adonner à ce magnifique sport qu'est la Roulette Russe. En effet, en cas de défaite, plus besoin, comme autrefois les samouraïs, de se faire seppuku / harakiri pour laver son honneur...



Quarts de Finale du Championnat du Monde de Roulette Russe. La défaite surprise du quintuple tenant du titre a provoqué chez ses admirateurs une vague de suicide... par balle.

samedi 13 avril 2019

Atlantique

Tu as pris tant de mes ancêtres,
Tu les as fracassés contre les rochers,
Tu as brisé leurs os,
Arraché leurs chairs,
Tu les as emportés, corps et biens,
Dans tes profondeurs,
Tu les as arrachés à leurs terres
Et à leurs familles
Sans laisser
Ni trace ni sépulture

Océan,
Maître et Seigneur,
Tu dois à présent
Être rassasié de ceux de mon sang,
Tu dois en être écœuré

M'accorderais-tu d'aller,
Sans risque, l'esprit libre,
Me baigner ?

jeudi 11 avril 2019

Le Talisman

Le Talisman, de Paul Sérusier, s'appelait à l'origine L'Aven au Bois d'Amour, avant de devenir le manifeste des Nabis (ce qui signifie plus ou moins prophètes en hébreu).

Je vous l'annonce dès à présent, je compte rebaptiser un jour mes œuvres :
La Montre deviendra Le Mantra.
Dans la Boîte deviendra Apotropaïsme.
La Barque Bleue deviendra Rhabdomancie.
Humeurs deviendra Vénéfice.


PS : Ai revu Marine bleue. Effets de vague à Orsay. Je n'ai évidemment, bien évidemment, pas été déçu.

mercredi 10 avril 2019

Première croute

Il y avait longtemps, plusieurs années, que j'avais envie de peindre. Mais je ne le faisais pas, je n'osais pas. Ce n'est pas naturel pour moi de peindre ou de dessiner. Quoi qu'on puisse penser ou dire du résultat, écrire m'a toujours été naturel, je me suis toujours vu écrivain, j'ai toujours voulu écrire, j'en ai toujours ressenti le besoin. Peindre ou dessiner, ça me semblait beaucoup plus difficile, presque inaccessible (et, certes, moins essentiel, moins vital).

Puis, il y a deux ans exactement, mes doutes et mes petites peurs ridicules ont perdu toute importance. Plus rien n'avait d'importance. Plus rien n'avait de sens. Et quand plus rien n'a d'importance ni de sens, on peut tout s'autoriser, même le ridicule.

Peu de temps après, quelques semaines à peine, j'ai sorti de leur tiroir les gouaches jamais sorties de leur emballage et je me suis lancé. C'était mon nouveau départ. Voici le résultat, le premier.


Si proche, si loin
(24 x 32 cm)
mai 2017


Tu me manques, mon bébé, tous les jours un peu plus. Tu me manques terriblement.

lundi 8 avril 2019

01-11



Les fruits délicats
Que nous cultivons
Se gorgent d'hiver
Et mûrissent lentement
Le goût de fraicheur
Qu'ils restitueront
Le printemps venu

Vergers


Photo : David Ferrer

samedi 6 avril 2019

Un prof

Je ne garde pas un bon souvenir de mes années collège. Ce furent même des années très pénibles. La cour de récréation étaient un enfer, les couloirs le purgatoire. Les heures de cours étaient souvent des traversées de désert...
Les cours de latin étaient une oasis.

Notre professeur ne se contentait pas de faire de nous des forts en thème. Il n'hésitait pas à digresser, à ouvrir, à nourrir notre curiosité, à nous bâtir un semblant de culture, à nous inciter à en faire plus et mieux. Je notais (mentalement mais consciencieusement) ses conseils, ses anecdotes.

Je me rappelle un cours où, pour vanter les mérites de l'exercice mental, spirituel, qu'est la traduction, il prit l'exemple de Jean Giono. Jean Giono était l'idole de son adolescence, à lui et à ses amis d'alors : ils lisaient et attendaient les textes de Giono avec avidité. Et Jean Giono, nous dit-il, pour se préparer à l'écriture, se mettre en condition, commençait chacune de ses journées par deux heures de traduction d'italien.

Je ne sais pas si l'anecdote est véridique, je n'ai pas vérifié les biographies de Giono. En revanche, quand je pus passer mes journées à écrire, quand je n'eus aucune autre activité que celle d'écrire, j'essayais la méthode. Tous les jours (pendant quelques temps du moins), pour commencer, je traduisais de l'allemand. Du Kafka. Le Procès.

Pourtant, je n'admire pas Jean Giono, je n'avais aucune raison de le prendre en exemple. Le Hussard sur le Toit et L'Homme qui plantait des Arbres m'ont diverti sans plus de conséquences. Quant à Regain, étudié en classe de seconde, il m'est carrément tombé des mains.

Pourquoi, alors, faire comme Giono ? Parce que faire comme Giono, c'était avant tout faire comme l'avait recommandé mon professeur de latin... C'est idiot, quinze ans après avoir quitté le collège de suivre encore les conseils de ses profs, non ? Ou bien me laisserais-je, plus ou moins inconsciemment, une chance d'être l'idole de vieillesse de mon professeur de latin comme Giono avait été l'idole de son adolescence ?

Mon professeur de latin s'appelait Luc M. Martin et enseignait au collège Boecklin de la Robertsau, à Strasbourg. Je n'ai malheureusement aucune idée de ce qu'il devient...

jeudi 4 avril 2019

05-03

Terre de sienne
Ciel de tiaîne
Mer iomienne
Le partage me semble
Équitable

lundi 1 avril 2019

Tchou-tchou

Un train de banlieue quitte la gare de Versailles - Rive Droite pour rejoindre la gare Saint - Lazare.
Pendant ce temps, une rame en tout point identique, même longueur, mêmes décors, mêmes sièges, même odeur de transpiration et d'urine, même efficacité pour faire trembler les murs des riverains de la voie ferrée, quitte Saint Lazare direction Versailles - Rive Droite.
Ils se croisent à mi-chemin et, au bout du voyage (quarante minutes environ), prennent l'un de l'autre la place de départ, comme si de rien n'était, comme si rien n'avait bougé.

N'aurait-il pas été plus simple de les laisser là où ils étaient à l'origine ?